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Journal Handicap n° 7 mars 2010

  • En toute catimini

Remise en cause de la loi de février 2005. Le gouvernement tente par tous les moyens de supprimer les droits fondamentaux de cette loi du 11 février. La commune de Saran s’est jointe aux associations de défense des personnes en situation de handicap, qui déplorent cette situation d’abandon. Courant 2009, le gouvernement a essayé à plusieurs reprises d’étendre les possibilités de dérogation.

Extrait du communiqué de presse de l’Association des Paralysés de France : “ Le 21 juillet 2009, le Conseil d’État annule un décret de mai 2006 visant à accorder toute une série de dérogations remettant en cause le principe d’accessibilité. Par cette décision, le Conseil d’État a clairement jugé illégal les dérogations.
Quelques mois plus tard, en décembre 2009, le gouvernement tente cette fois de modifier directement la loi handicap du 11 février 2005, par le biais de la loi de finances rectificative pour 2009, en instaurant des dérogations pour les constructions de bâtiments neufs. L’Association des Paralysés de France en appelle alors au Conseil Constitutionnel pour faire annuler l’article ajouté à la loi. Le 30 décembre, le Conseil constitutionnel censure cet article.
L’Association des Paralysés de France condamne fermement ces pratiques gouvernementales qui consistent à privilégier les intérêts des investisseurs au détriment du droit à l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap.”

Ce sérieux revirement de la droite ne sera pas sans conséquence pour les personnes en situation de handicap. Le parlement a adopté, sur proposition du gouvernement, dans le plus grand silence une profonde remise en cause de l’esprit de cette loi.

Le 2 janvier 2010 adoption par l’Assemblée nationale d’un amendement réintroduisant le principe de dérogation concernant l’accessibilité des constructions neuves. En effet, pour toute construction, des dérogations pourront être demandées, afin d’échapper à l’obligation d’accessibilité pour tous. Tout ceci est totalement inacceptable, des dérapages seront constatés sous couvert de dérogation. Le principe d’égalité pour tous est bafoué.
Le gouvernement cède, face aux groupes de pression, restant sur un raisonnement totalement superfétatoire. Nous sommes à mi-parcours de l’échéance d’accessibilité pour tous, malheureusement le bilan est négatif, l’accessibilité des lieux existants prend du retard. La principale cause est évidente, pas assez de budget pour rendre l’accessibilité à tous. À l’heure où l’autonomie financière des communes se traduit par un étranglement budgétaire.
Les communes ne peuvent plus faire face à la réalité des besoins des citoyens. Au cours de l’année écoulée, dans un contexte de grave crise économique et sociale, notre commune a plus que jamais prouvé sa réactivité pour répondre aux difficultés quotidiennes des saranais.

Le gouvernement a consenti sous forme de dérogation, de reporter l’application des pénalités aux entreprises qui ne remplissaient pas leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés. Sous la pression du patronat, les entreprises de plus de vingt salariés pourront échapper à leur obligation (pour au moins six mois), d’employer 6 % de personnes handicapées dans leur effectif total.
Cette loi de février 2005 prévoyait à l’échéance du 1er janvier 2010 d’accroître les pénalités financières des entreprises. Ces pénalités pouvaient atteindre 400 fois le montant du SMIC horaire multiplié par le nombre de personnes handicapées non embauchées. 1 500 fois le montant du SMIC horaire multiplié par le nombre de personnes handicapées non embauchées pour les personnes qui n’engageraient aucune démarche avant 2010. En cinq ans, globalement rien n’a bougé. Le taux de chômage des travailleurs handicapés est de deux à trois fois plus important que celui des personnes valides. Pourtant, si l’application de cette loi avait été scrupuleusement respectée, en France le taux de chômage serait égal à 0 %.
Vraisemblablement plusieurs entreprises n’auraient pas rempli leurs obligations, faute de candidats. Cherchez l’erreur ! Visiblement, le handicap n’est surtout pas une priorité du gouvernement.
Le collectif « Ni pauvres, ni soumis » alors en appelle à manifester partout en France le 27 mars 2010 !

Si vous trouvez cette situation inacceptable, venez nombreux à cette manifestation.


  • Le sport à la portée des personnes en situation de handicap
DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES, LA VILLE PROPOSE DES ACTIVITÉS SPORTIVES DÉDIÉES AUX PERSONNES PORTEUSES D’UN HANDICAP PHYSIQUE ET SENSORIEL. MUSCULATION ET NATATION.
CES DEUX ATELIERS HANDISPORTS HEBDOMADAIRES PERMETTENT À CHACUN (E) DE PRÉSERVER OU DE DÉVELOPPER SON CAPITAL PHYSIQUE À SON RYTHME TOUT EN RENFORÇANT SES LIENS AVEC L’EXTÉRIEUR.
TOUR D’HORIZON.

  • Atelier de musculation

Renforcement musculaire et socialisation

L’atelier musculation est la première activité sportive dédiée aux personnes en situation de handicap à avoir été mise en place à Saran, en 2007.

Chaque mercredi matin (hors périodes de vacances), de 9h30 à 10h30, à la salle de musculation du dojo municipal, Céline, l’éducatrice encadre les pratiquants, dont le nombre varie de quatre à cinq. « L’objectif est de maintenir et de développer les capacités physiques des personnes. » explique Céline. « Pour cela, on utilise toute la salle de musculation. » Au programme : Le travail des jambes, des bras et des abdominaux. « Il s’agit de renforcement musculaire, adapté au handicap de chacun. » précise l’animatrice.

Et de poursuivre « Le but aussi est de faire sortir les personnes, de leur redonner confiance, de renforcer le lien social, en les mêlant aux licenciés valides. Cela permet par ailleurs de créer des passerelles avec les associations de la Ville, comme le tennis de table par exemple. »
Un moment de loisirs et d’échanges réservé aux Saranais. en situation de handicap dans leurs démarches

Ateliers sportifs
Renseignements et inscriptions : Service municipal des sports
Tél : 02 38 80 34 05

Motricité et autonomie

C’est depuis septembre dernier, que Jean-Michel et Jean-Philippe, maître nageur sauveteur encadre les activités de natation à la piscine municipale, chaque vendredi (hors périodes de vacances) de 16h15 à 16h45.

Une activité plus qu’un atelier, dans une eau portée tout spécialement à 30°. « On s’adapte aux besoins des personnes, on fait du cas par cas » explique Jean-Philippe, éducateur sportif des activités de natation. « Pour participer, il suffit de prévenir à l’avance, afin que l’on puisse s’organiser. Seul, je peux m’occuper de deux personnes. »
Dans la pratique, l’éducateur descend la personne dans une piscine des plus calmes et l’accompagne dans ses activités. À ce jour, deux nageuses sont adeptes de ce rendez-vous. Élizabeth et Sabine, qui fréquente également l’atelier musculation. « On fait du personnalisé » confie Jean-Philippe. « Pour Élizabeth, c’est plutôt de l’entretien. Pour Sabine, il s’agit qu’elle soit autonome. Ça leur permet de retrouver de la motricité, de l’autonomie. Et puis Sabine voit les progrès. » Ce que confirme l’intéressée. « Pour moi, c’est un rendez vous. J’ai pas mal progressé depuis l’an dernier, j’arrive à faire des choses simples. Et puis ça fait du bien aussi bien physiquement que moralement. Ça me détend les nerfs, je suis beaucoup plus zen.
[…] Au début, j’avais de l’appréhension, de la gêne à me montrer en public, mais l’activité est relativement confidentielle. »

Et si Sabine reconnaît avoir « encore un petit peu peur dans le grand bain », elle entend bien continuer « Jusqu’à ce que je puisse. »
À noter que les Saranais porteur de handicap peuvent venir en dehors de ces horaires, accompagnées ou non selon leur degré d’autonomie.

Quant à l’ascenseur mobile, il est à la disposition de toute personne, même non saranaise, aux horaires d’ouverture de la piscine. Le MNS aide simplement à la mise au bain.

  • Enfants Handicapés Espoir Ostéopathique

Créée par des parents d’enfants en situation de handicap et animée par des ostéopathes, l’association EHEO de la région Centre fête son dixième anniversaire.
Son objectif : offrir des soins aux enfants porteurs de handicaps moteurs, mais aussi assurer une prise en compte de leurs fratries et de leurs familles. Présentation en compagnie de deux bénévoles.

C’était il y a bientôt dix ans. L’association EHEO (Enfants Handicapés Espoir Ostéopathique) voyait le jour à Orléans, à l’initiative d’une ostéopathe. « Au départ, il n’y avait rien sur place pour ces soinslà. Il fallait se rendre en région parisienne » se souvient Martine Durand, mère d’un enfant porteur de handicap et bénévole. « Des ostéopathes nous on dit que c’était dommage et on s’est bagarré, on a remué ciel et terre pour trouver des locaux. » Depuis, l’association a fait son chemin. Elle fait partie d’un réseau national de quinze associations régionales. Après un an et demi-passé à Saint-Jean-de-Braye les EHEO mènent leurs activités à Saran depuis plus de huit ans.

Une prise en compte familiale
Concrètement, les EHEO offrent divers soins à trente-cinq enfants porteurs de handicaps moteurs. « Le plus jeune à quatre mois et le plus âgé dixhuit ans » précise Sylvie Martin-Daney, bénévole et mère d’un enfant en situation de handicap. Pour ce faire, l’association investit une fois par mois, de 14 à 18 heures, les locaux de la base de la Caillerette. Lors de ces dix rendez-vous annuels (hors vacances d’été), chaque enfant bénéficie tout d’abord de soins de deux ostéopathes et ce, en même temps. « Les enfants ont beaucoup de tension » explique Martine Durand, « Le fait d’être pris en charge par deux praticiens à la fois permet d’effectuer plus de travail, d’être encore plus efficace. Les enfants en ressortent soulagés, détendus, apaisés. ». Ainsi, les enfants connaissent une meilleure évolution, aussi bien dans leur développement physique, psychique, émotionnel et relationnel.

Mais au-delà de ces soins, et toujours au cours de ces rendez-vous mensuels, l’action des EHEO va beaucoup plus loin. Ils proposent en effet une prise en compte globale des frères et soeurs de l’enfant porteur de handicap, et aussi de ses parents. « C’est le moyen de montrer que chacun a sa place » précise Martine Durand. Conseils dentaires par deux chirurgiens dentistes, conseils nutritionnels par des praticiens spécialisés, ateliers d’art martial sensoriel pour les frères et soeurs animés par deux faciathérapeutes, sans oublier pour les parents la possibilité de s’entretenir avec une psychologue.

Précision plus que nécessaire : L’ensemble des praticiens, dont près de quatorze ostéopathes diplômés et confirmés, interviennent à titre gracieux. Un fait à souligner.

Créer du lien social
Tout au long de l’année, les bénévoles des EHEO et les praticiens travaillent main dans la main. « C’est nous qui organisons les plannings et assurons l’intendance, déplaçons le matériel » explique Sylvie Martin-Daney, bénévole depuis le début de l’association. « Quand les enfants arrivent à nous, les familles sont le plus souvent cassées par la vie. C’est pour cela que nous proposons un accompagnement global, familial, mais aussi pour créer du lien social, pour que les familles se sentent moins livrées à elles- mêmes. » « On est là pour donner de l’énergie à ces familles. » poursuit Martine Durand. « Cela peut paraître étonnant, mais on est une association où les gens sont gais par rapport à ce qu’il leur arrive. » Peut bénéficier de ces soins tout enfant porteur d’un handicap moteur, et ce, de toute forme.
Pour ceci les parents doivent remplir un questionnaire et prendre connaissance au préalable du règlement intérieur de l’association. Ils doivent également s’acquitter d’une cotisation annuelle « symbolique ». Précisons que l’association ne bénéficie d’aucune subvention et ne fonctionne qu’à partir de dons privés, des familles et d’entreprises. « On prend les enfants les plus jeune en priorité, car ils sont plus malléables physiquement » confie Sylvie Martin-Daney. « Les familles disposent d’un cahier où les soins effectués sont notés. Ce cahier peut servir éventuellement à l’extérieur, auprès d’autres praticiens. » Et de citer l’exemple de cet enfant trisomique, pris en charge dès le début, qui désormais âgé de quatre ans marche normalement. Un rayon de soleil et d’espoir qui rejaillit sur l’ensemble des autres familles. Celles-ci ont en effet l’occasion de se retrouver toutes ensembles, outre lors des soins, durant la fête de Noël et d’une sortie au printemps. L’occasion de tisser et de resserrer les liens. Du côté des bénévoles, l’équipe de départ est toujours là… « On a beaucoup de chance d’être à Saran, de disposer de beaux locaux, que l’on croit en nous et que l’on nous soutienne. » Seule ombre au tableau : l’absence de lieu de stockage pour le matériel qu’il faut déplacer à chaque séance… Une situation loin d’être insoluble. « On ne sait comment remercier la Ville de Saran » poursuivent néanmoins nos deux interlocutrices.

À noter que les EHEO seront présents lors des Rencontres saranaises de mai prochain, avec notamment des animations pour les enfants. /

EHEO
Contact : Sylvie Martin-Daney
Tél : 02 38 73 25 31

www.eheo.org

A noter !Jeudi 4 mars
C’est ce jour-là que se tient la réunion publique annuelle autour du Handicap, en présence notamment des référents et des élus.
Annexe du Château de l’Etang, à partir de 18h30.

mis à jour le 1er septembre 2010