Accueil > Handicap > Journal Handicap n° 1 - février 2007
Journal Handicap n° 1 - février 2007
La Commune porte un intérêt de longue date aux difficultés que peuvent rencontrer les personnes handicapées à Saran. De nombreuses initiatives ont été mises en place afin de leur rendre la vie plus facile dans notre ville.
Il est vrai qu’une personne valide n’est pas toujours consciente des obstacles auxquels les handicapés doivent faire face au quotidien. Et c’est pour cela qu’il est important d’instaurer un dialogue et de se réunir autour d’une table pour en discuter. Aussi, j’ai beaucoup apprécié de participer à la réunion du 19 octobre dernier. Pour sa convivialité, tout d’abord. Mais également parce qu’elle m’a permis de saisir à quel point ce sujet est au cœur des préoccupations de nombreux habitants. J’ai moi-même découvert de nombreuses situations, fréquentes pour les personnes handicapées, que je n’aurais pas appréhendées sans cette rencontre.
Il est primordial que cette parole soit entendue. Des actions ont déjà été mises en place à cet effet, d’autres sont planifiées. Et plus encore qu’une simple prise en compte, je pense que les handicaps doivent être véritablement intégrés aux projets, et cela dès leur conception.
Cependant, la Commune ne peut agir que dans la mesure de ses moyens. Dans certains cas, les propositions entrent dans son domaine de compétence. Dans d’autres cas, elle peut jouer un rôle de relais, d’intermédiaire, afin d’orienter ou de solliciter les structures adéquates. Mais de mon point de vue, il est nécessaire qu’une action globale soit mise en place.
Toutes les collectivités doivent travailler de concert et fournir un effort conséquent pour avancer sur ce sujet. Et je considère que la solidarité qu’évoquent l’AgglO, le Département ou la Région, trouverait, sur ce terrain, toute sa raison d’être. Pour Saran, je dois remercier les trois référents, qui animent toute cette démarche.
Même si aujourd’hui nous sommes encore loin du compte, j’espère que nous parviendrons progressivement à ce que chacun, au même titre, puisse se sentir bien dans sa ville.
Michel Guérin
maire de Saran,
Conseiller général du Loiret
Amélorer la qualité de la vie
La Ville poursuit son engagement
Plus de soixante personnes ont répondu présent lors de la réunion publique consacrée aux Saranais(es) handicapés(es), le 19 octobre dernier, dans la salle annexe du château de l’Étang.
Cette réunion s’inscrivait dans la démarche entreprise par la commune
depuis plusieurs années en faveur du handicap.
Après une rencontre débat en avril 2006 sur le thème « favoriser la pratique sportive des handicapés », et la désignation l’été dernier de
trois référents, l’objet de cette rencontre était de dresser un état des
lieux du handicap sur Saran.
Outre de nombreuses personnes handicapées, l’assemblée a réuni les
responsables des services techniques, les référents handicap et des
élus communaux.
Après le traditionnel tour de table et la présentation de chaque participant, un premier état des travaux réalisés récemment a été dressé,
détaillé et commenté. Car le but de cette rencontre était bel et bien d’associer tous les Saranais, afin d’œuvrer pour une meilleure prise en compte des handicaps et de là, une meilleure qualité de vie pour tous.
Une volonté que Jacques Mazzuca adjoint au maire délégué aux sports et « référent handicap » a fort justement résumée lors de l’ouverture de cette rencontre : On ne va pas tout faire en un ou deux ans, mais tous ensemble on va faire avancer les choses.
Des petits riens, un grand plus
Amélioration des places de parking pour les personnes handicapées au gymnase Jean Landré, à proximité du collège Montjoie et de la salle des fêtes, feux sonores avenue du Stade et rue de la Montjoie, marquage au sol rue du Bourg, abaissement systématique des trottoirs lors de travaux de réfection...
Des travaux ont été réalisés en 2006, d’autres le seront cette année (voir par ailleurs) et celles à venir. C’était également l’objectif de cette rencontre : prendre en compte les demandes, besoins et avis de chacun afin de les intégrer lors de la conception des chantiers. Il s’agit de trouver des solutions ensemble. On est là avec vous. On s’engage pour que cela soit suivi d’effet. Il ne s’agit pas d’une réunion pour une réunion ! a tenu à préciser Michel Guérin, quelque peu surpris du succès de cette rencontre.
Dès lors, l’ensemble des réalisations et des projets ont donné lieu à des échanges constructifs et fructueux, mais aussi à des doléances. Problème d’accès à la halte garderie, demande de mise en place de passages piétons matérialisés, de signal sonore aux feux, absence de trottoirs à proximité de l’école des Sablonnières... Il semble que beaucoup reste encore à faire. Des aménagements parfois très simples et tellement évidents auxquels par méconnaissance les personnes non confrontées au handicap ne pensent pas toujours. Afin de remédier à cette situation pour le moins absurde, l’idée est née de créer une commission communale.
Elle aura pour mission de recenser tous les problèmes rencontrés par les personnes handicapées sur la ville. Y participent d’ores et déjà Damien Beaujon, René Avinain, Dominique Blondel, Fabien Fouqueau et Cindy Asselin. On a besoin d’autres personnes de manière à travailler plus en amont, avant les réunions a indiqué Marie-Noëlle Martin « référent handicap » et journaliste àla ville de Saran.
Pour l’heure, rendez-vous est pris au printemps pour une nouvelle
réunion. Si une date reste à préciser, tout le monde y sera le bienvenu.
Des projets suivis d’effets
Au cours de la réunion du 19 octobre dernier, diverses demandes d’aménagement ont été formulées afin d’améliorer votre vie au quotidien. Certains sont d’ores et déjà en cours, d’autres sont à venir ou nécessitent des études préalables. Quoi qu’il en soit, le travail se poursuit. Il portera ses fruits dès les prochains mois.
La salle des fêtes, en premier lieu, fera cette année l’objet d’une cure de jeunesse avec sa mise en conformité. Les places de parkings réservées aux personnes handicapées ont déjà été réaménagées. Dans les prochains mois, la rampe d’accès extérieure sera modifiée. Les wc dédiés aux handicapés et tant attendus sont réalisés. Quant à la demande d’automatisation des portes d’entrée, elle fait actuellement l’objet d’études de faisabilité.
Le centre nautique est le second gros chantier de l’année. Outre le réaménagement des cabines de douche actuellement inutilisables et la mise aux normes des wc, la création d’un local de matériel permettra de dégager les vestiaires. D’autre part, l’acquisition d’un fauteuil pour circuler de l’entrée aux plages est budgétée. Faute de financements de la part de la Région et de l’Agglo, le matériel permettant la descente dans le bassin ne pourra être acheté cette année. Ce sont les maîtres nageurs qui aideront les personnes.
La salle du Lac, elle aussi très fréquentée, sera équipée de toilettes handicapés et le ponton de l’étang du château dédié aux pêcheurs en fauteuil sera terminé. La voirie n’est pas en reste, avec la réalisation en cours de la deuxième tranche de travaux de la rue du Bourg. Abaissement des trottoirs, suppression de divers obstacles, ceux-ci permettront rapidement une meilleure circulation. Du côté de la SETAO, l’Agglo va mettre en place cette année des quais surélevés sur la ligne 4, afin de permettre un meilleur accès aux bus (lire p. 4). L’accueil en mairie est également au coeur des préoccupations. A court terme, une personne sera tout spécialement formée au langage des signes afin de mieux répondre à la demande des personnes sourdes.
Référent handicap
Enlever les épines du pied
Capitaine de l’équipe première de basket de Saran, Emeline Guillaumot est une figure bien connue des habitants de la commune, et notamment du milieu sportif.
A 33 ans, cette Saranaise qui réside dans le quartier du Vilpot a décidé de devenir l’une des trois « référents handicap » auprès de la commune. Cela va nous permettre de faire prendre conscience à tous les Saranais qu’il n’est pas facile d’être handicapé, de les sensibiliser. Tout le monde peut être handicapé un jour ou l’autre. Cela va surtout servir à faire remonter auprès de la mairie et de l’Agglo les principaux problèmes rencontrés par ces personnes, comme par exemple en matière de transport ou d’emploi, afin que ces difficultés soient moindres ou ne soient plus. Il ne s’agit pas d’être utopique, mais de faire avancer les choses. L’engagement d’Emeline Guillaumot ne doit rien au hasard. Depuis 7 ans en effet, elle est professeure de sport dans un foyer d’hébergement pour personnes déficientes mentales. Une activité qu’elle a pleinement choisie.
Responsable par ailleurs de l’activité football à 7 pour le sport adapté (FFSA) en région Centre, Emeline a la tête bien sur les épaules. Depuis sa désignation l’été dernier comme « référent handicap » elle n’a pas chômé. On a déjà recensé les appels téléphoniques, afin de voir ce qu’on peut mettre en oeuvre concrètement.
Les handicapés sont des citoyens à part entière, mais ils sont obligés de faire deux fois plus d’efforts pour qu’on les écoute, car ils sont confrontés au regard de l’autre, de gens plus ou moins sensibles. Présente lors de la réunion du 19 octobre dernier, Emeline se félicite de ce moment d’écoute et d’échange ». Des axes d’actions se sont précisés : En matière de sport, des choses existent à Saran. Il faut cependant réfléchir sur les activités et les loisirs des enfants handicapés. Il y a également un travail à mener autour de l’emploi et des transports. Elle reste néanmoins consciente des obstacles « Même si c’est compliqué pour les personnes handicapées de toujours faire appel à quelqu’un, il ne faut pas qu’elles hésitent à demander. On est là pour cela. Pour leur enlever certaines épines du pied, afin qu’elles puissent avancer.
La commission communale
La loi handicap de 2005 prévoit, entre autres mesures, la création dans chaque ville de 5000 habitants et plus, d’une Commission communale pour l’Accessibilité aux personnes handicapées. Outre les élus et les référents, la municipalité souhaitait y associer des Saranais directement concernés. Lors de la soirée du 19 octobre, cinq personnes se sont portées volontaires pour participer à cette instance. Il s’agit de Cindy Asselin, René Avinain, Damien Beaujon, Dominique Blondel et Fabien Fouqueau.
- Cindy Asselin, 22 ans, étudiante en master de droit, première cavalière non-voyante à avoir participé aux championnats de France d’équitation. Cindy pratique aussi l’agility.
- René Avinain, 53 ans, père de deux enfants, informaticien à la GMF. René Avinain collabore activement aux tables-rondes organisées par le journal Repères depuis 2003.
- Damien Beaujon, 25 ans, éducateur sportif et assistant administratif à l’USM football. Damien est interprète en langue des signes, il représentera les personnes malentendantes.
- Dominique Blondel, 56 ans, père de trois enfants, chauffagiste de formation aujourd’hui professeur d’informatique. Monsieur Blondel a assumé de nombreuses responsabilités associatives en particulier dans le milieu handisport tant en Normandie qu’en région Centre.
- Fabien Fouqueau, 32 ans, père d’un petit garçon, gestionnaire des contrats clients aux services financiers de La Poste. Monsieur Fouqueau a été le président fondateur de la section ball-trap à l’ASPTT.
Nous vous présenterons ces personnes de manière plus approfondie, lors d’un prochain numéro.
L’accessibilité en route
Réseau de bus
Du mieux, du vraiment mieux, que dis-je... une révolution !
Bientôt la ligne n°4 sera complètement accessible aux personnes à mobilité réduite. D’ores et déjà, certains arrêts sont surélevés (voir liste ci-contre) facilitant la montée dans les véhicules. De plus, au fur et à mesure de leur remplacement, les bus sont équipés de plates-formes permettant aux personnes en fauteuil d’accéder au service même aux arrêts non aménagés. Consulté à ce sujet, le directeur de la Sétao confirme que l’ensemble des arrêts de la ligne 4 situés sur Saran seront accessibles en 2007. De plus, il assure que tous les bus qui circulent sur cette même ligne 4 sont équipés d’un système d’information visuel et sonore, qui sera développé sur les autres lignes à moyen terme. Par contre l’annonce extérieure signalant l’approche des véhicules ne semble pas prévue pour l’instant. Pour ce qui est de l’accessibilité aux personnes en fauteuil des lignes 6, 18 et 25 elle est très partielle, et se développera de manière progressive.
Précisons que la loi donne 10 ans aux gestionnaires de services de transports collectifs pour adapter la totalité de leur réseau. Une véritable révolution pour certaines personnes, aujourd’hui très isolées, pour qui une sortie au cinéma, des courses en ville ou la visite à des amis deviendra aussi banale que pour tout un chacun.
Liste des arrêts surélevés
> Dans le sens Saran-Orléans
Grands Champs,
Coubertin (lignes 4, 6, 25),
Mairie de Saran (lignes 4, 6 ,25),
Gascogne,
Les Aydes,
Hoche,
Joie,
Gares d’Orléans (lignes 4 et 6),
Pont Bourgogne.
> Dans le sens Orléans-Saran
A. Briand,
Pont Bourgogne,
Lavedan,
Liberté,
Halmagrand,
Gares d’Orléans (lignes 4, 6),
Médiathèque,
Coligny,
Joie,
Danton,
Hoche,
Chapelle-Neuve,
Mairie de Saran,
Coubertin,
Grand Champs.
Tous les véhicules portant à l’avant le logo « personne en fauteuil » sont équipés d’une plate-forme qui vous permettra de monter, quelle
que soit la hauteur du trottoir.
Cartes de transport gratuites
Les personnes titulaires d’une carte d’invalidité (80% et plus) peuvent bénéficier de titres de transport gratuits financés par la Communauté
d’Agglomération, ceci quels que soient leurs revenus.
S’adresser à la direction de l’Action sociale de la mairie muni de sa carte d’invalidité et d’une photo. Tél :02 38 80 34 24
mis à jour le 1er septembre 2010
Mairie
Place de la Liberté
45774 Saran Cedex
du lundi au vendredi :
8h30 - 12h / 13h - 16h30
le samedi :
8h30 - 12h
Tél. : 02.38.80.34.00
Fax. : 02.38.80.34.30
courrier@ville-saran.fr